Compositeur fétiche du cinéma des années 70’s, Lalo Schifrin as su allier jazz, funk, électronique et classique dans un mélange explosif. (Suite as un problème d'enregistrement nous regrettons de pouvoir mettre en ligne cette émission)
Né en Argentine, cet étudiant en musique classique mordu de jazz est devenu dans les années 60 l’un des meilleurs arrangeurs de l’orchestre de Dizzy Gillespie pour lequel il composa la « Gillespania ». Lalo Schifrin est un véritable artiste du Renouveau. Non seulement pianiste, compositeur et chef d´orchestre, il dirige également un orchestre symphonique dans son pays, il donne des représentations lors de festivals internationaux de jazz, il compose pour le cinéma et la télévision, et produit divers travaux pour Placido Domingo ou encore pour le London Philharmonic. Pendant qu’il étudiait à Paris au début des années 1950, Lalo Schifrin menait une double vie. Il n’a jamais avoué aux musiciens de jazz avec lesquels il participait aux jam sessions du samedi soir sur la Rive Gauche que tous les dimanches matin, de bonne heure, il allait écouter Olivier Messiaen improviser à l’orgue lors de la messe à l’Eglise de la Trinité. Messiaen, dont Schifrin suivait les cours de classique au conservatoire, ignorait également tout de ses escapades nocturnes. Abonné à la cinémathèque pendant sa formation, Lalo allais aussi voir du cinéma commercial. Il se rend compte qu’il y a de très bonnes partitions, même dans les films de série B. Fautes de disques il allais voir les films 14, 15, 20 fois juste pour écouter la musique. Quand Schifrin retourna à Buenos Aires au milieu des années 1950, il forma son propre jazz band. C’est lors d’une des performances du groupe que Dizzy Gillespie entendit jouer Schifrin. Il lui demanda alors de faire les arrangements du Gillespie Band et d’en être le pianiste. En 1958, Lalo Schifrin part aux Etats Unis et ce fut alors le début d’une carrière remarquable. La première chose écrite par Lalo aux Etats-Unis, c’est la « Gillespania » ce fut un grand succès et il devient connu, pas du grand public, mais de l’élite musicale de New York : les musiciens, les maisons de disques, les maisons d’édition. Il devient officieusement l’arrangeur, le compositeur de Verve qui appartient à la MGM. Quand son contrat avec se dernier arrive au renouvellement son agent lui conseil de réclamer à la MGM des musiques de films, ce qu’il fait. Son premier film pour Hollywood « Rhino » un film écologiste, son deuxième il le fait en France « Les félins » de René clément avec qui il apprend beaucoup. Il rentre aux Etats-Unis pour faire « Cincinnati Kid » qui seras son premier grand succès. Il a mené une carrière couronnée de trophées à Hollywood. Quatre Grammy Awards, six nominations aux Oscars, des succès à la pelle, de l’incontournable « Mission : Impossible » à « Bullitt » en passant par «The Cats » de Jimmy Smith ou « L’inspecteur Harry ». Vous avez côtoyé Robert Redford, Clint Eastwood, Steve McQueen. Y a-t-il un acteur qui vous a particulièrement marqué ? Lalo Schifrin : Je me souviens d’un déjeuner avec Bruce Lee. Il voulait me connaître parce qu’il faisait sa gymnastique matinale au rythme de « Mission Impossible ». Je ne savais pas quoi lui dire mais on s’est trouvé quelque chose en commun. Il m’a dit : « J’ai étudié 5000 ans de trdition des arts martiaux et après j’ai brisé la tradition » je lui ai répondu : « J’ai étudié 2000 ans de tradition de musique européenne et j’ai cassé la tradition ». Car même si l’apogée du style Schifrin sur écran remonte à la décennie 1965-75, les jeunes loups ne peuvent que s’incliner devant un de ceux, avec Quincy Jones, qui installa le jazz orchestral comme élément obligé de la bande originale de film. Lalo Schifrin développa un jazz entre guillemets, puisant dans les rythmes latins, les harmonies contemporaines, les cordes classiques, qui fit fureur. Et lui assura une place au soleil de Los Angeles comblant ainsi un vieux rêve d’enfance. |