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Curtis Mayfield est née à Chicago en 1942 dans le quartier de Cabrini-Green l’un des ghettos les plus sinistrés de la capitale. Très jeune il commence à jouer de la guitare avec ses cousins dans un groupe de gospel puis plus tard à l’âge de 15 ans il rejoint « The Impressions » en compagnie de Jerry Butler. Le groupe réussi vite à obtenir quelques hits et Curtis devient le leader du groupe après le départ de Jerry. Commence alors une carrière de compositeur pour Curtis qui sera l’un des pionniers de la fierté noire, ellese traduira dans les textes de ses chansons comme «We’re a winner » qui devient l’hymme du Black Power. A l’opposé de James Brown qui exprime son refus du racisme en revendiquent brutalement sa négritude, Mayfield dénonce les dérives de la société américaine tout en prêchant la tolérance comme seul moyen de parvenir à l’idéal de fraternité défini par Martin Luther King. Avant tout autre, il a d’ailleurs choisi de se mettre en phase avec le mouvement de lutte pour les droits civiques en composant des textes comme «People Get Ready».
Lorsque des problèmes de distribution l’amènent à fermer les portes de ses deux premiers labels, Mayfield refuse de renoncer à ses ambitions et se lance dans une nouvelle aventure avec le label Curtom dont il assure la direction à partir de 1968 avec le soutien de son manager de l’époque Eddie Thomas. Il en prend lui-même la direction artistique avec Fred Cash et Sam Gooden des Impressions, se faisant assister pour les arrangements par son ami Johnny Pate, mais aussi par un jeune pianiste attaché aux studios Chess qui fera bientôt parler de lui comme interprète, Donny Hathaway.
Les débuts de Curtom sont essentiellement consacrés aux Impressions dont la carrière semblait s’enliser. Le trio se trouve relancée dès 1968 par la réussite de « Fool for You » et « This Is My Country », suivi quelques mois plus tard de « Choice of Colors » numéro un des charts R&B. Mais surtout, Curtom devient la terre d’asile de son fondateur lorsqu’il décide de se lancer seul dans l’arène de la soul en 1970, tout en continuant dans un premier temps à écrire le répertoire des Impressions. Cette phase de transition démarre avec un album intituléCurtis qui définit le nouveau « son Mayfield » : des plages longues et élaborées, prétextes à des commentaires sociaux engagés sur une trame instrumentale où se mêlent guitare wah-wah, ligne de basse mordantes et cuivres incisifs, à l’image de «(Don’t Worry) If There’s a Hell Below We’re All Going to Go » qui prend la troisième place des classements Soul au cours de l’hiver 1970-71, ou de « We People Who Are Darker Than Blue » et «Move On Up » qui traduisent une certaine radicalisation des vues militantes de son auteur.
Curtis profite de la mode des blaxploitation movies pour asseoir définitivement sa réputation en composant ce qui reste son chef d’œuvre, la BO du film Superfly.
Pour ce polar dont le héros est un pourvoyeur de drogue macho, il réalise une vaste fresque sonore qui donne des ghettos noirs une image inquiétante et réaliste, annonciatrice de l’univers sordide des quartiers noirs tel qu’il se développera dix ans plus tard avec l’apparition du crack.
Le succès considérable du disque (1 million vendus), en tête des classements des meilleures ventes d’albums dans les catégories Soul & Pop dès la fin de l’été 72 va faire de Mayfield l’un des compositeurs afro-américains les plus demandé d’Hollywood.
Mayfield ne renonce pas à sa propre carrière pour autant, poursuivant sa route avec des fortunes commerciales diverses. A partir du milieu de la décennie, l’usure du succès ne fait plus de doute, ce qui s’explique aussi bien par le manque d’intérêt croissant de la société pour le militantisme noir que par l’investissement de Curtis dans la production d’autres artistes.
La décennie suivante est marquée par une rupture importante dans la vie de Mayfield qui décide en 1980 de quitter avec son studio la scène musicale moribonde de Chicago pour s’installer en Géorgie où il possédait déjà une maison. L’univers du R&B est alors en pleine mutation avec l’arrivé du hip-hop et Curtis met à profit cette période pour faire le point sur sa vie en attendant des jours meilleurs, enregistrant de rares albums. A l’heure où la soul semble opérer un retour à la fin de la décennie, Mayfield sort de son isolement. C’est le moment que choisit la vie pour le frapper de façon tragique. Il se trouve sur scène à Brooklyn le 13 aout 1990 lorsqu’une rampe d’éclairage s’effondre sur lui.
Curtis : (don’t worry) if there is hell bellow we’re all gonna go
Curtis / live : mighty mighty (space and whitney)
- wethe people who are darker than blue
- we’re a winner
Curtis : move on up
The Impressions : check out your mind !
Curtis / roots : get down
The Baby Huey Story / the living legend : hard times
Curtis / superfly : little child runnin wild
-give me tour love
- pusherman
Curtis : back to the world
The Impressions : preacher Man
Curtis / back to the world : right on for the darkness
Curtis / sweet exorcist : ain’t got time
Notations : superpeople
leroy huston / lucky fellow : all because of you
- lucky fellow
Patti Jo : make believe in you
Curtis / There's No Place Like America Today : billy jack
Curtis & Ice T / Return of superfly : superfly 1990