Avec son album « Bidonville » sorti en 1966, Nougaro prend le parti de sortir la chanson française de son cadre étriqué et de l'emmener hors des sentiers battus, par delà des territoires qu'elle n'a pas l'habitude de visiter. Pour le chanteur toulousain amoureux fou des mots, le salut vient d'ailleurs et passe par le métissage. Le Brésil lui offre ainsi la bossa nova, sa sensualité, et le standard « Berimbau » qu'il se réapproprie complètement et remodèle sous la forme du morceau « Bidonville », magnifiquement orchestré par Baden Powell. Il se tourne ensuite pour la première fois vers l'Afrique et ses rhythmes complexes qu'il utilise brillament sur le tribal et envoutant « L’Amour Sorcier ». L'influence afro-brésilienne ouvre de belles pistes mais le jazz reste la grande passion de Nougaro, le courant musical auquel il s'accorde le mieux et à travers lequel sa poésie s'épanouie pleinement. De reprises (« A Bout de Souffle » emprunté à Dave Brubeck) en compositions (« Sing Sing Song ») la voix de Nougaro s'accorde parfaitement au swing et aux syncopes de cette musique exigeante. « Bidonville » est un très grand disque de jazz et de chansons, aux orchestrations brillantes, à l'inventivité omniprésente, et d'une insolente jeunesse. (Vadim Records)
Suite au million d’albums "Doing It to Death" vendus, les J.B.’s démontrent qu’ils ont quelque chose de spécial, et ne sont pas le simple backup band de James Brown. C’est sous la direction musicale commune du tromboniste/arrangeur Fred Wesley et James Brown que les J.B.’s vont diversifier leur son et leur style !!! Après deux singles surcomprimés “If you don’t get it the first time” et “same beat” le groupe livre un album qui souligne leur polyvalence créative tout en maintenant un engagement dans le Super Heavy Funk. Enregistré pendant la même session que le double LP «The Payback », ils mélangent les chants Space, l’électronique, les cuivres et le Down Rhythm comme sur « I’m payin’ taxes, what am I buyin’ » ou encore « Blow Your Head » et son attachant synthétiseur joué par James Brown himself. Mais n’oublions pas le guitariste leader Jimmy Nolan’s, le batteur maison John « Jabbo » Stark’s et l’évolution ininterrompue et collective du groupe dans le New New Super Heavy Funk. Pour la petite info sachez qu’il existe une version promo copy de cet album avec un morceau supplémentaire « Dawn Right I’m Somebody (Love and Happiness) » ré-orchestré, cette reprise de Al Green est un hommage au Disc Jockeys et aux stations de radios, connaissant le poid de ces dernier dans l’industrie musicale, James Brown le business man leur dédicace ce morceau de 7’35 minutes.
Il y a toujours eu un piano à la maison des Wilson dans l'Oklahoma, où l'organiste est né le 9 avril 1935. Il a toujours été intéressé par la musique, sa sœur joué de la clarinette, un frère joué du trombone et du saxophone quant un autre de la guitare et du chant. Cependant la boxe a dérouté l'intérêt de Reuben dans la musique pendant beaucoup d'années. Son retour à cela fût fortuit. Il se déplace en Californie et s’y marie, sa femme est une chanteuse. Une nuit il l'accompagne à un concert dans une salle de danse à Santa Monica. Il y avait trois orchestres ce soir là et comme il errait autour, il rencontre Johnny Pope Jr., qui lui demande s’il ne voudrait pas jouer. « J’avais joué auparavant uniquement sur un petit piano, » se souvient Wilson « et c’était un groove de jouer avec des musiciens professionnels. Johnny a pensé que j’avais le potentiel et il m’offrit sa protection et de l’aide pour mes soirées. Un ami musicien à Los Angeles avait un orgue et il me demanda plus tard d’y jouer. Ainsi en 1962, j’ai commencé à jouer tous les mardis soirs au club Intermission Room à Los Angeles. De là, je suis allé au Caribbean Club pendant 6 mois. » Ses engagements à Los Angeles, Santa Monica et Las Vegas ont construit une solide et suffisante réputation locale pour l’encouragé à voyager vers l’Est où il sait vite retrouver à travailler pour des musiciens comme Sam Rivers, Roy Haynes et Grant Green. L’élargissement de son expérience dans les clubs et dans les studios, l’on mené inévitablement à son propre groupe et ses albums sous son propre nom. Comme organiste, Wilson était fortement sous l'influence de Richard "Groove" Holmes et de Jimmy Smith. "Mais après quelque temps j'ai constaté que trop d'organistes semblaient semblables," dit t’il. "C'est alors que j'ai commencé à écouter beaucoup de pianistes et d'eux j'ai obtenu une approche différente."
Claude Delcloo, batteur, fondateur du magazine « Actuel » spécialisé dans le Jazz dans sa première mouture, chasseur de têtes pour le label français de jazz BYG (diminutif des trois membres fondateurs), producteur, est assurément un avant-gardiste et un mélomane averti. Il produit en 1971 le groupe funk « Cane And Able » composé de 8 musiciens. Ces derniers ont une longue route derrière eux et depuis 6 ans ils additionnent les miles: Los Angeles, Mexico, Montréal, Espagne, Allemagne, New York, Paris et même St Tropez l’été. Il en est de même pour leurs compatriotes, le groupe « Ice », qui est à la recherche d’une plus grande reconnaissance sur le vieux continent. Ils quittent les Etat Unis pour les mêmes raisons et enregistrent à Paris ce premier album éponyme. Delcloo peut se réjouir de sa découverte car le titre phare « Girl you move me » composé par French Thompson, chanteur et leader du groupe, aura un certain succès à l’époque. On notera aussi la superbe reprise de Kool and the Gang « Who’s gonna take the weight » et les autres morceaux du LP tout aussi fameux. En 1972 de juin à octobre, toujours avec la même équipe, ils récidivent et sortent un deuxième et dernier LP « Relating a message to you ». Le mystère demeure à savoir pourquoi ils ne sont pas allés plus loin dans leur carrière musicale mais une vérité est acquise, leur talent de musiciens. Quant à Claude Delcloo il nous réserve d’autres magnifiques productions mais c’est une autre histoire que l’on ne manquera pas de vous contez et vous faire écouter chez les Soul Brothers….